réactions à l'article «"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy»
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"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
22 mars 2008, par Gilles
Faut-il réformer la recherche en France ? Certains collègues semblent encore douter de la réponse. Or, elle est évidente : c’est oui.
La France n’a plus le rayonnement scientifique du passé - même si quelques personnalités exceptionnelles demeurent. Elle est de plus en plus distancée par les Etats-Unis et dépassée dans la plupart des domaines par la Suède, le Japon, la Grande Bretagne, l’Allemagne, etc. De même, le classement des universités (Shanghai) nous rappelle régulièrement le retard que nos universités prennent par rapport aux autres universités dans le monde (combien d’universités françaises apparaissent dans le classement des 500 premières universités dans le monde ? réponse : pas plus d’une douzaine sur plus de 80 universités françaises). Il est donc temps de se remettre en cause, d’arrêter de se regarder le nombril, de faire oeuvre d’humilité et de redescendre de notre piédestal.
Il est également temps de réfléchir à d’autres modes d’organisation de la recherche afin que les chercheurs français puissent enfin donner leur pleine mesure. Qui peut faire ici une autocritique sur les insuffisances de la recherche en France (émiettement des laboratoires, nombre insuffisant de brevets déposés, guerres des chefs de laboratoires, insuffisance des financements provenant de l’industrie, place mineure laissée aux sciences humaines et sociales, lourdeurs et rigidités diverses, publications par chercheur insuffisantes, contrôles et évaluations des personnels quasi inexistants, etc.) ? Une autocritique serait salutaire. Mais les réactions des grandes institutions que sont notamment le CNRS et l’INSERM face à une évolution possible de la recherche (statuts, financement, organisation, etc.) sont symptomatiques d’une difficulté - voire d’une impossibilité pour certains - de faire cette autocritique et d’accepter des changements qui sont pourtant devenus nécessaires.
Faut-il continuer comme avant ? Quelle solution alternative est proposée ici ? S’agit-il de faire pression pour que l’état - c’est à dire les contribuables - réinjecte davantage d’argent dans la recherche scientifique (augmentations de salaires, dotations diverses, recrutements nombreux, etc.) sans que les chercheurs ou enseignants - chercheurs n’aient à rendre de compte à personne sur leurs activités ? Cette position me semble difficilement soutenable. Or, c’est celle qui est choisie par de nombreux collègues qui ne souhaitent pas travailler avec les entreprises (la recherche fondamentale l’exige !), qui ne veulent pas répondre aux requêtes de l’état et des collectivités territoriales (l’indépendance est une impérieuse nécessité !) et qui ne désirent pas s’abaisser à aller enseigner à des étudiants qui en auraient pourtant bien besoin (faire déjà 192H équivalent TD par an, c’est déjà une charge bien trop grande !). Ils attendent ainsi que la société francaise vienne financer leurs recherches fondamentales sans jamais demander aucun retour concret de leur part. Cela me semble aujourd’hui parfaitement illusoire.
La recherche a effectivement besoin de nouveaux moyens. Mais pour être mieux valorisés (salaires, conditions de travail, financements, etc.) et retrouver leur légitimité, les chercheurs doivent avant tout mieux répondre aux demandes de la société (enseignement, économie, écologie, santé, etc.). Certains le font déja depuis longtemps et s’en sortent. D’autres ne le font pas et se plaignent. C’est désormais à chacun de se déterminer et de choisir sa voie.
Gilles Enseignant _ chercheur
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"humeurs cacochymes"
1er mars 2008, par fousset
Depuis Platon, le choix est entre la tyrannie et le pouvoir des Sages ; le premier terme a une solution simple : il n’a jamais été possible de trouver un tyran qui s’avère convenable à l’usage, quels que soient les cas de figure et les idéaux politiques.Exit donc les figures de la personnalisation du pouvoir, sauf que virées par la grande porte et officiellement, elles continuent à faire retour par la fenêtre de façon officieuse, voire même sournoise.L’homme-providence qui va toujours tout régler... Resterait le pouvoir des Sages, souvent aujourd’hui relegué dans les coulisses, d’où l’on se contente de faire émerger épisodiquement selon les besoins de la représentation tel ou tel expert, préalablement instrumentalisé de préférence.
Or, une différence essentielle entre classicisme et modernité tient, à mon avis, entre le conservatisme - au bon sens du terme - de la tradition, et l’ouverture rendue possible et nécessaire par les recherches scientifiques, et bien évidemment leurs retombées. On dira le progrès, pour faire bref. Dialectique difficile... Le conservatisme a un revers : la crispation et les figements, tout particulièrement dès lors qu’il est question de finances et de sauver les meubles pour le seul profit d’une classe dominante. L’ouverture elle aussi a son revers : elle requiert de faire confiance aux savants, qui se retrouvent donc avec sur les épaules l’énorme responsabilité d’en affronter la complexité - celle de la Connaissance, qui suffit bien à elle seule à occuper, sans qu’on y ajoute la gestion du relais proprement politique, laquelle relève d’une autre compétence. Si l’on renormalise tout ça sous les contraintes qu’impliquent ces considérations très élémentaires, il est clairement évident que soumettre la recherche aux impératifs du politique - ce que la tyrannie a toujours pratiqué avec les brillants résultats que l’on connaît - non seulement n’est pas solution de l’équation, mais que c’en est la pire écriture qui soit. Je sais bien que ça n’est pas facile, que nous serions tous plus sereins s’il suffisait de faire bling-bling pour tout régler - qu’on peut comprendre que beaucoup veuillent y croire. Ca n’est simplement pas vrai.Il est nécessaire de changer pour s’adapter, personne ne le conteste, mais changer ça n’est ni reculer, ni renoncer. J’appartiens à une catégorie professionnelle ( psychiatre ) particulière : je m’y sens en recherche permanente, vu le domaine de savoir et de certitude qui est le mien ( moins l’infini, ça veut sûrement y dire quelque chose... ) - aujourd’hui, on va me demander en tant qu’expert (voir supra) des prédictions concernant le comportement dans deux ans ou n+1 an(s) d’un individu, dont les droits seront rétablis ou obérés définitivement selon ma réponse ? Y a-t-il dans l’honorable forum un spécialiste de la prédiction chaotique, avec si possible l’expérience de prévisions météorologiques fiables à plus de deux ans, ou même, tiens, trois mois ? J’ai des idées sur les résolutions d’équations hautement non-linéaires ( suffit de cocher les cases, non ?)...mais quand même... Les politiques sont tombés sur la tête, ils ont oublié l’histoire, ou les deux ? En tant que scientifique-chercheur, j’aurai des budgets si je peux démontrer par avance que je vais trouver ? Alors, pourquoi je cherche ?Et puis, Chaque fois qu’on a fait comme ça, on a simplement eu au moins 50 % de mauvais résultats, donc de perte budgètaire, c’est tellement trivial que ça n’a même plus à être démontré. Et dans mon petit cas particulier, la perte ne sera pas seulement budgètaire, elle sera très vite constitutionnelle.Au final, quelle prime d’assurance pour le responsable même pas coupable ? Faudrait pas que la chasse au gaspi finisse par coûter plus cher au contribuable que le gaspi.Sur tous les plans. Pourquoi, dans une démocratie, le pouvoir, quel qu’il soit, finit-il toujours par récuser les nécessaires délégations de compétences, sous prétexte que - et au moment où... - il n’est plus en capacité de les gèrer ? Ca fait quarante ans que cette question traîne. Peut-être pas une raison suffisante pour bâcler les réponses, mais sûrement pour développer à nouveau une véritable concertation. Donc première urgence : sauver la recherche, qui ne fonctionne pas forcèment si mal en France qu’on le prétend, et peut certes être améliorée - mais n’a pas à être mise sous tutelle - involontairement, en plus ? - comme si elle était incapable.
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"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
1er mars 2008, par chaussade
Evidemment, il faut se mobiliser pour éviter cette catastrophe. Mobiliser l’opinion publique. Mobiliser les médias. Jean Chaussade Directeur de Recherche émérite au CNRS
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"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
30 janvier 2008, par Vincent
Il serait pourtant temps d’introduire une culture de la performance et de l’efficacité, non ?
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"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
30 janvier 2008, par Charzelwer
Les chercheurs ne vous ont pas attendu pour être performants et efficaces. Qui êtes-vous pour donner des leçons ?
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"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
1er février 2008, par Vincent
Je ne donne pas de leçon, je pose juste une question.
Le retour sur investissement de toute activité se pose dès lors qu’elle engage l’effort financier de chaque citoyen.
Il ne suffit pas de dire que l’on est chercheur (terme un peu fourre-tout, d’ailleurs, dans beaucoup de cas les problèmes abordés dans les labos ressortent essentiellement de l’ingénierie) pour être exonéré de toute exigence de résultat économique ; il y a bien sûr des domaines pour lesquels cette exigence est absurde, et alors il faut vraiment que la collectivité décide de là où elle veut bien investir "pour l’honneur de l’esprit humain" ...
Sinon on pratique ce que l’excellent Alain Finkielkraut qualifie de "loisir studieux", pendant que l’essentiel de la population subit la pression croissante de la concurrence.
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"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
2 février 2008, par Nicolas
"Retour sur investissement" ?! Bien malin est celui qui est capable d’évaluer le "retour sur investissement" de travaux de recherche... L’exemple récent d’Albert Fert, récompensé aujourd’hui pour des avancées datant de plus de 20 ans, le prouve aisément !
Mais, voilà, il est dans l’air du temps de mesurer un effort par sa seule rentabilité à court terme. Tant qu’il y aura des "Vincent" pour poser ce genre de questions, MM. Sarkozy, Attali et compagnie pourront à loisir soumettre notre système de recherche à une "exigence de résultat économique" (sic !).
Pour votre information, cher Vincent, il y a bien longtemps que les chercheurs, ainsi que les laboratoires qui les accueillent, sont évalués à intervalles réguliers...
Bien à vous.
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"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
29 janvier 2008, par Jacques Covès, DR2 CNRS
Je suis assez stupéfait de la manière dont il est fait mention du "chercheur" ou de "l’enseignant-chercheur" et si peu des "équipes de recherche", qu’elles soient stables ou transitoires, qu’elles soient universitaires ou mixtes ou émanant d’un laboratoire propre d’un organisme. Il est extrêmement rare (en sciences expérimentales en tous cas) de trouver des articles signés par un seul individu. Cela signifie qu’un travail publié est en général le fruit du travail d’une équipe qui a sans doute un leader (parfois temporaire sur un sujet donné) mais qui comprend aussi des collaborateurs à des degrés d’implications divers, par exemple : étudiants, stagiaires post-doctoraux, collègues spécialistes d’une technique donnée, techniciens, ingénieurs… La mise en commun des savoir-faire, intellectuels et/ou manuels, aboutit à la résolution d’un problème donné et à un résultat valorisable par une publication ou un brevet. En général la place des auteurs dans l’article correspondant permet d’appréhender assez justement qui a fait quoi (de nombreux journaux spécifient d’ailleurs explicitement le rôle de chacun des auteurs). Comment distinguer, quand le résultat est le fruit d’un travail commun, celui qui, brillant esprit, recevra la prime ou la gratification ou carrément le salaire qui le distinguera ? comment pourra-t’on supporter dans les laboratoires que l’on nous promet dans un futur proche que des individus faisant le même travail, occupant la même fonction et partageant la même paillasse ou le même bureau puissent avoir des traitements différents. Je voudrais faire le parallèle (facile) avec les équipes de coureurs cyclistes. A l’arrivée, le meilleur, c’est à dire le leader de l’équipe, gagne bien sûr. Mais seulement s’il peut compter sur ses partenaires pour lui couper le vent, l’entraîner dans les cols ou le protéger des attaques des adversaires. Au bout de l’étape, le leader de l’équipe redistribue sa prime de vainqueur à ses coéquipiers. Il serait peu probable qu’il gagne l’étape suivante s’il ne se conduisait pas ainsi. De temps en temps, le leader gagne sur ses qualités propres : un contre-la-montre individuel par exemple. On peut comparer cela à la revue écrite en solo par un auteur donné (quoi qu’il y ait souvent un paragraphe de remerciements à la fin). Il y a bien sûr des chercheurs excellents, des chercheurs meilleurs que les autres, des brillants esprits. Mais j’aimerais que l’on m’explique comment, dans les disciplines expérimentales, ces individus peuvent émerger sans le recours (le secours ?) des membres de leur équipe ? Il est vain de chercher à concilier excellence et compétition alors que les maître-mots devraient être synergies et collaborations.
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"Sauver la recherche", selon Nicolas Sarkozy
29 janvier 2008, par blaise
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/01/29/m-sarkozy-veut-une-reforme-radicale-du-systeme-de-recherche-francais_1004813_3244.html#ens_id=997515
le texte du monde montre un président qui utilise la contre vérité !